Les organisations et personnes soussignées s’adressent à la société catalane, à toutes les municipalités et aux conseils municipaux des Pyrénées catalanes ainsi qu’au gouvernement de la Generalitat de Catalogne pour les alerter des différentes menaces qui pèsent sur l’environnement, les conditions de vie et les modes de vie dans les Pyrénées :
BERGUEDÀ (SAUVONS LE COL DE PAL)
Extension du domaine skiable de La Molina par Coll de Pal
Le prolongement du téléphérique Alp 2500 jusqu’à Niu d’Àliga, reliant la Cerdagne et Berguedà, comprend la construction du télésiège Coll de Pal, d’un réservoir d’eau de 93 000 m³, d’un pôle multiservices et d’un parking de 174 places. La saturation de cet espace aurait de graves conséquences sur le paysage, le cycle hydrologique naturel et la qualité de l’air, affectant indirectement le Parc naturel de Cadí Moixeró.
Division du C16 entre Berga et Bagà
Projet de création d’une voie réversible et d’une bifurcation entre Berga et Bagà (C-16), pour un coût initial de 178 millions d’euros et une durée de travaux de 18 mois. Cette infrastructure est totalement déconnectée des préoccupations réelles de la population de la région de Berguedà et répond, de toute façon, aux intérêts économiques du tourisme de neige en Cerdagne. Sa réalisation entraînerait la dégradation du territoire, la consolidation d’un modèle touristique obsolète et la suppression d’un axe routier encore utilisé à des fins agricoles et de transhumance.
RIPOLLÈS (PLAFORME NOUS ARRÊTONS LE DOMAINE ROUTIER DES LLOSSES)
Polygone sur la route de Llosses
La création d’une nouvelle zone industrielle ne répond pas à un réel besoin en terrains industriels, la commune de Ripoll comptant déjà sept zones industrielles totalisant 39 509 m² d’entrepôts disponibles et 17 662 m² de terrains industriels libres. Le reste de la région dispose également de nombreux terrains disponibles, déjà construits ou en projet. Citons par exemple la zone industrielle de Colònia Llaudet à Sant Joan de les Abadesses, celle de Niubò à Campdevànol et la Farga de Bebiè aux Llosses.
RIBARGORÇA (HUSC)/PALLARS JUSSÀ (PLATEFORME UNITAIRE CONTRE L’AUTOROUTE ÉLECTRIQUE)
Autoroute électrique Montsó-Isona
Projet de modernisation des lignes à haute tension Escalona-Foradada del Toscar et Escalona-Escalona : premiers pas vers l’interconnexion électrique à travers les Pyrénées aragonaises.
CERDANYA (LES ASSOCIÉS SAUVENT LE MOULIN ET LES SAUVENT EUX)
Anomalies urbaines et abandon des infrastructures à La Molina (Alpes)
1) Tentative d’approbation du POUM (09-11) autorisant le triplement des surfaces constructibles en espace et en volume, et légalisant des irrégularités urbaines. Bloquée suite à huit actions en justice et une plainte pénale, la procédure est actuellement bloquée par le Consistoire qui entrave l’exécution des jugements définitifs prononcés à son encontre. Aucun dialogue n’est engagé avec l’association en vue de l’obtention d’un nouveau POUM.
2) Manque d’entretien des bâtiments et des infrastructures.
3) De nouvelles menaces émergent, comme le plan directeur « PDU La Molina-Masella », qui servirait de « parapluie » à la candidature aux Jeux olympiques d’hiver menée par la Generalitat (Secrétariat aux Sports et à la Fédération de football gaélique) et soutenue par la mairie d’Alp, toutes trois des entités publiques. Ces projets s’influencent mutuellement et peuvent engendrer des mesures urbaines et environnementales inutiles et agressives, motivées par les intérêts spéculatifs de quelques investisseurs.
4) Intéressé par le contrôle des sols à déclasser.
Nouvelle zone de développement urbain dans un village de montagne à haute valeur paysagère (Éeller)
Le POUM de Bellver prévoit la création d’une nouvelle zone urbaine à l’entrée du noyau d’Éller. Le POUM fait actuellement l’objet d’une révision dans le cadre du Plan directeur d’urbanisme relatif à la gestion des sols non durables de l’Alt Pirineu, qui propose une réduction de son étendue plutôt que sa suppression complète, comme c’est le cas pour d’autres noyaux réévalués. SalvemÉller exige la suppression de ce noyau pour les raisons suivantes :
1) Cela contrevient aux orientations établies par les Plans du Département du Territoire et du Développement Durable de la Generalitat pour la ville d’Éller
2) Elle représente une croissance non durable, qui ferait plus que doubler le nombre actuel de logements, laissant la ville historique à l’arrière-plan.
3) Cela aurait un impact négatif sur les moyens de subsistance des habitants permanents actuels du village d’Éeller, basés sur l’élevage et le tourisme durable.
4) Cela entraînerait une croissance excessive qui générerait un fort impact environnemental, social, paysager et culturel sur la ville d’Éller.
5) Elle est impopulaire auprès des habitants du village, qui se sont pour la plupart prononcés en faveur de sa disparition.
Nous sommes attachés au développement durable d’Éller et des Pyrénées dans leur ensemble, dans le respect de l’économie locale, du milieu naturel et culturel, et nous défendons une économie fondée sur la valeur ajoutée et l’équité, et non sur l’épuisement spéculatif du milieu naturel, culturel et paysager.
EXPLOITATION MINIÈRE :
PALLARS SOBIRÀ/OCCITANIE (SAUVE SALAU-SIGMADOT-STOP MINE SALAU)
Extraction d’or et de tungstène :
Des tentatives d’exploitation de ces métaux dans le Parc Naturel de l’Alt Pirineu, affectant les sources de la Pallaresa, autour du site emblématique de Salau, ont été rejetées. La demande d’évaluation environnementale simplifiée a été rejetée, et l’exploitation doit désormais suivre la procédure habituelle. Il s’agit d’une entreprise spéculative, compte tenu de la baisse du cours des actions des sociétés Neo Metal Spania (Pallars Sobirà) et Neo Metal France (Arieja), filiales du groupe australien Apollo Minerals Limited, à mesure que la mobilisation s’intensifiait.
Ces opérations pourraient entraîner une contamination à l’arsenic et à l’amiante.
BAIX PALLARS (LO PEDRIS-SIGMADOT)
Exploitation du cobalt :
La société minière Cobalt Rock SL, liée à une société australienne, souhaite ouvrir une mine de cobalt à Peramea – Bretui, près du lac Moncortès et dans le géoparc Conca de Tremp – Montsec. Présentation des allégations de Lo Pedris, de la Mairie de Baix Pallars et de SIGMADOT.
Une grave contamination des aquifères du lac de Montcortès, de la zone humide du Prat del Comú et des sources d’eau des marais salants de Gerri de la pourrait se produire.
On trouve du sel, ou dans les aquifères de Noguera Pallaresa même, en forant à environ 400 m. La quantité de cobalt présente ne justifie pas l’ouverture d’une mine.
L’ALT EMPORDÀ (SIGMADOT)
Mines de talc :
Tentatives de redémarrage dans les communes de La Vajol, Darnius et Maçanet de Cabrenys, déjà exploitées par Talcos Pirenaicos, rachetées par la multinationale Talcs de
Luzenac a fermé les mines catalanes et les a dynamitées pour des raisons de sécurité (à l’exception de la mine du Negrín). Aujourd’hui, la société Mineralia, liée au groupe Conesa, souhaite les rouvrir et, si l’exploitation se faisait à ciel ouvert, les conséquences environnementales seraient désastreuses. Les maires des trois communes concernées ont protesté.
LA VALLÉE DES RIBES- RIPOLLÈS- (SIGMADOT)
Extraction d’or :
Au siècle dernier, des tentatives d’exploitation de gisements d’or associés à des minéraux d’arsenic et d’antimoine ont échoué, engendrant une pollution majeure. De nouvelles explorations sont aujourd’hui demandées. Les communes concernées sont : Toses, Planoles, Ribes de Freser, Campelles, Pardines et Queralbs. Les maires et le Conseil régional ont déjà déposé des plaintes.
Cet ensemble de plans et de projets urbains entraînera de graves impacts cumulatifs, tant environnementaux que paysagers, sur l’ensemble des Pyrénées, avec des effets négatifs importants sur la mobilité, les ressources en eau et les aquifères surexploités, le paysage et la durabilité du territoire.
CANDIDATURE AUX JEUX OLYMPIQUES D’HIVER
« PYRÉNÉES-BARCELONE 2030 » :
Jusqu’à présent, la candidature « Pirineus-Barcelone 2030 » a été gérée dans un climat de secret et de sectarisme, avec un manque flagrant de transparence et de concertation citoyenne, empêchant ainsi tout débat public. Ce manque de transparence est manifeste lorsque ces décisions sont prises à Barcelone sans tenir compte de l’avis d’une grande partie de la population du territoire.
Dans le contexte du changement climatique actuel, le réchauffement progressif et le dérèglement climatique croissant sont déjà manifestes dans les Pyrénées, affectant l’environnement naturel et les écosystèmes les plus fragiles, et déséquilibrant particulièrement les régions les plus froides. Cette évolution du climat influe également sur l’exploitation économique de la neige, en raison de l’irrégularité des chutes de neige, qu’elles soient naturelles ou artificielles. C’est pourquoi nous estimons qu’il est impossible de garantir la faisabilité des tests pendant les Jeux Olympiques. Toutefois, ce scénario nous oblige à reconsidérer d’urgence notre engagement fort en faveur du tourisme de neige et à mettre un terme aux importants investissements publics dans ce secteur.
Au-delà des arguments climatiques avancés, l’ensemble des plans et projets envisagés pourraient avoir des répercussions environnementales et paysagères sur l’ensemble des Pyrénées. Les investissements prévus ne répondent vraisemblablement pas aux besoins réels de ces régions et, au contraire, continuent de dégrader leurs ressources en eau (problème aggravé en période de sécheresse, comme en 2008), négligeant la mobilité et faisant fi de la nécessité d’une transformation du modèle socio-économique du territoire.
Enfin, le refus d’accueillir les Jeux olympiques dans des pays aux conditions climatiques plus favorables comme Innsbruck (Autriche), Calgary (Canada) et Sion (Suisse) devrait servir d’exemple de l’inévitable nécessité de consulter les citoyens avant toute décision, et nous alerter sur le fait que le projet pourrait ne pas être viable dans les Pyrénées.
Faute d’informations suffisantes, dont nous ne disposons pas à ce jour, et forts de l’expérience acquise lors de projets similaires, nous craignons que ce projet n’alimente la spéculation et n’entraîne une destruction irréversible d’un territoire aussi fragile que les Pyrénées, portant atteinte à sa biodiversité, à son environnement géologique (matériaux, reliefs) et à ses processus naturels. Nous craignons également la création d’emplois artificiels, précaires et temporaires, contraires au modèle économique durable que nous défendons. Enfin, nous refusons la construction d’infrastructures qui seraient abandonnées après les Jeux.
Tout ceci, à l’heure actuelle, nous empêche d’adopter toute autre position que le scepticisme total et l’opposition initiale au projet des Jeux olympiques de 2030.
POUR CES MOTIFS, LES PLATEFORMES ET ORGANISATIONS SOUS-SIGNATAIRES SONT D’ACCORD :
Créer une plateforme de coordination SOS PIRINEUS pour défendre ensemble le territoire, renforcer notre action et gagner en efficacité. Dénoncer tous les projets urbains et spéculatifs qui nuisent au développement de la vie dans les Pyrénées et à la préservation de ses espaces naturels et culturels. Promouvoir une campagne de débat public et d’actions de défense du territoire avant que le feu vert ne soit donné à tous les projets urbains et d’exploitation présentés dans ce manifeste. Lutter contre la précarité de l’emploi, le dépeuplement, l’industrialisation à grande échelle et la spéculation.
Malgré tout cela,
NOUS DEMANDONS :
1. L’approbation et la mise en place d’un régime efficace qui protège les zones forestières, les zones d’intérêt naturel et paysager, ainsi que les liaisons naturelles des Pyrénées catalanes.
Les administrations publiques compétentes en matière d’aménagement urbain doivent assurer et garantir la préservation adéquate de ses valeurs, tout en prévenant leur destruction due à des problèmes urbains et miniers, ainsi qu’à la construction d’infrastructures ou à toute autre intervention qui nuit à l’environnement, tout en stimulant des activités durables.
2. La Déclaration de Réserve de Biosphère, augmentant le nombre de propositions de Parcs Géologiques et Miniers, en raison de leur grand intérêt naturel, tant biologique que géologique, qui s’ajouteraient à celles actuellement en phase de mise en œuvre, par SIGMADOT (Solsonès, Noguera et Llitera – Ribagorça), toutes situées dans les Pyrénées.
2.1. Approuver les motions appuyant la demande de déclaration des Pyrénées en tant que réserve de biosphère et d’augmentation du nombre de parcs géologiques.
3. La déclassification des forêts ou autres espaces forestiers comprenant des prairies et des liaisons naturelles en tant que : développement urbain, pistes de ski, lacs artificiels, parkings, ainsi que zones minières, zones industrielles, autoroutes électriques, etc.
4. Nous exhortons tous les conseils municipaux des Pyrénées à engager des procédures de révision des dossiers de planification urbaine ou de modification spécifique, en vue du déclassement des terrains urbains non bâtis et des terrains urbains non consolidés et non réalisés, sur des terrains boisés, en forte pente ou présentant un impact visuel et paysager. Ceci est particulièrement important dans les zones déjà fortement urbanisées.
5. Nous exhortons la Generalitat de Catalogne et le Parlement de Catalogne à approuver un ensemble de mesures garantissant un modèle socio-économique digne pour les Pyrénées catalanes, dans lequel ses habitants sont au cœur de sa politique sociale et économique.
Un modèle économique fondé sur la relance des métiers, tels que l’élevage ou l’agriculture, la préservation des espèces agricoles et d’élevage indigènes et menacées, la préservation des différentes particularités locales afin de créer une société offrant des opportunités dans différents secteurs, y compris technologiques et scientifiques, et pas seulement dans le tourisme.
7. Nous exigeons la tenue urgente d’une consultation et d’un débat public approfondi sur la candidature « Pyrénées-Barcelone 2030 » en relation avec des Jeux olympiques d’hiver hypothétiques organisés dans les Pyrénées et décidés dans des villes et des bureaux sans rapport avec la réalité du territoire.
8. Nous exigeons la reconnaissance de l’identité et de la culture pyrénéennes comme un héritage de grande valeur pour la société catalane dans son ensemble.
9. Création de canaux qui stimulent les processus participatifs dans le but d’impliquer la population sur le territoire.
10. Nous demandons à toutes les organisations et personnes intéressées d’adhérer au manifeste via https://sospirineus.cat et de contribuer à la campagne de collecte de fonds pour la défense des zones menacées des Pyrénées.
Ce manifeste se veut le point de départ d’une unité populaire pyrénéenne qui permette aux gens de vivre dans les Pyrénées dignement, dans le respect de l’environnement, tout en offrant des opportunités à ceux qui souhaitent vivre, s’épanouir et rester sur ce territoire.
C’est pourquoi nous invitons toute personne ou entité à participer à ce processus qui ne fait que commencer et auquel nous souhaitons voir la participation de tous. En attendant le lancement d’un processus participatif au niveau local qui nous permettra d’approfondir la question des besoins réels du territoire.
Pour toute question ou contribution, veuillez nous contacter par courriel à l’adresse suivante : sospirineus@gmail.com
MAINTENANT, DANS LES PYRÉNÉES, NOUS SOMMES ENCORE DANS LE TEMPS, NOUS N’ATTENDONS PAS QUE CELA SE PRODUIT COMME AILLEURS !
Organisations qui soutiennent le manifeste de SOS PIRINEUS :
Sauvez Salau, Sauvez Coll de Pal, En avant Alt Urgell, Stop à la zone industrielle sur la route des Llosses, Sauvez Éeller, Sauvez la Molina et Plateforme unitaire contre l’autoroute électrique, AV Lo Pedrís, SIGMADOT, Centre pour la durabilité territoriale (CST) et Naturalistes de Gérone.